PYRICULARIA
Maladie de plus en plus fréquente et particulièrement dommageable pour les gazons, elle a fait l’objet d’une première étude indépendante à l’échelle mondiale en collaboration avec le CIRAD, afin d’identifier les variétés les plus tolérantes.
Pyricularia et les gazons
Le champignon Pyricularia oryzae (connu sous le nom de « grey leaf spot » en anglais) était historiquement responsable de dégâts sur les cultures de riz. La maladie est apparue pour la première fois sur les graminées dans les années 1970, d’abord sur des espèces fourragères, puis sur les gazons dans le nord-est des États-Unis dans les années 1990, notamment sur les golfs. Elle s’est ensuite progressivement étendue à l’ensemble du pays. C’est dans ce contexte que les premiers travaux de recherche ont été engagés, conduisant notamment à la sélection des premières variétés de ray-grass anglais spécifiquement tolérantes.
En 2016, la maladie a été détectée pour la première fois en France sur plusieurs stades. L’année 2018 a marqué un pic d’intensité particulièrement difficile pour les terrains de haut niveau, avec un grand nombre de surfaces touchées.
Moins de dix ans après son apparition sur le territoire français, cette maladie continue de poser de sérieux problèmes. Les recherches se poursuivent, mais de nombreuses incertitudes demeurent encore.
Conditions de développement
La maladie se développe dans des conditions favorables telles que :
- une humidité prolongée sur le feuillage (rosée, irrigation, etc.)
- des températures proches de 30 °C
- un gazon soumis à des stress (tonte rase, fortes chaleurs, etc.)
- un excès de fertilisation azotée
Les jeunes plantules (4 à 5 semaines) sont généralement les plus vulnérables et les plus fortement touchées.
Symptômes
L’infection causée par Pyricularia oryzae évolue en trois phases :
- apparition du mycélium et de taches brunes sur les feuilles
- développement de zones nécrosées jaunâtres
- dessèchement complet et mort de la feuille
Conséquences
Les impacts de Pyricularia oryzae sur un terrain peuvent être particulièrement sévères. En l’absence de traitement rapide, la virulence du champignon peut entraîner une propagation fulgurante et la destruction d’une surface en seulement quelques jours.
Les États-Unis : Pionniers de la sélection de variétés résistantes à Pyricularia.
Les travaux de sélection variétale aux États-Unis sur la tolérance à Pyricularia ont débuté à la fin des années 1990, lorsque ce pathogène est devenu particulièrement problématique. Plusieurs universités ont alors mené des recherches approfondies pour mieux comprendre ce champignon, et les sélectionneurs ont concentré leurs efforts sur le développement de variétés les plus tolérantes possible.
Grâce à ces travaux soutenus, nos confrères sélectionneurs américains ont pu développer certaines des variétés les plus tolérantes à Pyricularia aux États-Unis.
La première étude indépendante au monde
Le changement climatique contribue fortement à l’extension de ce champignon vers de nouvelles zones géographiques, notamment en France. Par ailleurs, l’interdiction progressive des produits phytosanitaires réduit les moyens de lutte disponibles, obligeant à s’appuyer sur une combinaison de leviers complémentaires. Parmi eux, le choix variétal constitue un facteur clé.
Afin d’identifier les variétés les plus tolérantes parmi notre gamme, nous avons mis en place un essai spécifique. Pour confirmer la fiabilité des résultats observés, les mêmes variétés ont été évaluées à la fois en conditions de laboratoire et en plein champ.
Essais au laboratoire CIRAD, France
Une étude et des travaux en laboratoire ont été effectué au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement de Montpellier, spécialiste du champignon. L’étude comportait une phase d’inoculation de souches de Pyricularia sur des jeunes plantules de ray-grass, puis une phase d’observation et d’évaluation 15 jours après.
Des essais en plein champs aux États-Unis
Afin de confirmer les résultats observés en laboratoire, les mêmes variétés ont été semées en plein champ. Sur notre station de recherche située au Kentucky, aux États-Unis, les essais sont naturellement exposés à Pyricularia chaque année, en raison de conditions particulièrement favorables à son développement.
Des notations visuelles, complétées par des observations réalisées par drone, ont ensuite été effectuées par nos sélectionneurs.
Résultats des essais
Une première observation met en évidence une bonne corrélation entre les résultats obtenus en laboratoire et ceux observés en plein champ. En conditions contrôlées, quelle que soit la souche pathogène utilisée, les tendances restent globalement cohérentes, même si certaines souches se révèlent plus agressives que d’autres.
Il est souvent avancé que les variétés américaines seraient supérieures aux variétés européennes face à Pyricularia, en raison de l’antériorité des programmes de sélection aux États-Unis. Nos résultats nuancent cette idée : si certaines variétés américaines affichent d’excellentes performances, d’autres se montrent moins tolérantes. À l’inverse, toutes les variétés européennes ne sont pas défavorables, certaines présentant même un bon niveau de tolérance à Pyricularia.
Dans ce contexte, nos ray-grass 4turf® confirment une nouvelle fois leur intérêt, avec un grand nombre de variétés se distinguant par leur tolérance à la maladie. Ces essais renforcent ainsi la pertinence du choix de 4turf® pour la constitution de gazons plus résistants aux maladies.